LES FILLES GINGER | RENCONTRE AVEC BARBARA

LES FILLES GINGER | RENCONTRE AVEC BARBARA

Barbara est notre 2ème fille Ginger de février, elle nous parle de sa passion pour la boxe, de The Knockout, la marque qu’elle lance et de ses deux années passionnantes en Australie.


Barbara, peux-tu te présenter et nous raconter un peu ton parcours ?

J’ai 28 ans, j’ai grandi à Paris, en banlieue parisienne, dans une famille assez travailleuse, avec deux parents tous les deux très impliqués dans leur travail. J’ai aussi été élevée par mes grands-parents, en particulier ma grand-mère maternelle, une bretonne qui roule les R et qui a monté sa boîte alors qu’elle avait arrêté l’école à 14 ans. A l’époque les filles suivaient l’école des bonnes manières pour apprendre à coudre et à repasser. Elle a élevé ses sept frères et sœurs, à 17 ans elle est partie à Paris où elle a trouvé un boulot en tant qu’assistante de dentiste. A côté de son travail elle a repris un CAP pour se former au métier de protésiste, elle suivait des cours du soir, c’est comme ça qu’elle est devenue la première femme protésiste dentaire. Elle a fini par montrer son propre cabinet. Elle est une figure très inspirante pour moi.

A côté de cette culture du travail, j’ai toujours pratiqué beaucoup de sport. Mes parents nous encourageaient à toujours aller au bout des choses, à se tenir à ce qu’on avait commencé. J’ai donc pratiqué le basket pendant 12 ans, en compétition, et la flûte traversière au conservatoire pendant 7 ans. Vers 20 ans, j’ai découvert la boxe que je pratique depuis 7 ans. Après 12 ans de sport collectif; je souhaitais pratiquer un sport individuel.

Professionnellement j’ai travaillé chez LVMH, pour des marques d’alcool, ce qui m’a amené à partir vivre en Australie pendant 2 ans. Une expérience incroyable et structurante à tous les niveaux.

 

Ta pratique de la boxe s’est poursuivie en Australie?

Elle s’est même renforcée! Là-bas, la boxe a été le fil rouge de mes expériences et de mon intégration. Je vois le sport comme un vrai vecteur de sociabilisation. J’ai trouvé un club de boxe à Sydney, qui proposait de la boxe thaï, que je pratiquais déjà en France.

Au bout de quelques mois, je suis partie 2 semaines en camp intensif en Thaïlande. C’est là que je me suis dit que je voulais monter un jour ma boîte. Ça a été un moment décisif.

 

Qu’est-ce qui, selon toi, t’a amené à cette décision?

En Australie, j’ai changé de vie. C’était la première fois que je me retrouvais avec moi-même et par la force des choses, j’ai pris du temps pour moi. J’ai découvert une forme de slow life ponctuée par des moments structurants pour moi, des rituels motivants. J'avais, par exemple, pris l’habitude d’écrire le matin. Lors de mon camp de boxe, j’ai emmené Your dream life starts here, de Kristina Karlsson. Sa méthode m’a permis de coucher sur papier 2 rêves à concrétiser : monter ma boîte et livrer un combat de boxe thaï.




Peux-tu nous parler de la marque que tu es en train de lancer ?

Oui! Je suis en plein dedans : finalisation des prototypes, réflexion sur l’incarnation, etc. Le lancement est prévu en septembre.

Les circonstances du Covid m’ont amenées à revenir d’Australie en 2020, sans boulot. Pendant les 3 mois de confinement, j’ai préparé mon projet, j’ai tout écrit : l’influence de ma grand-mère, ce qui me manquait dans l’univers du sport et des vêtements.

Elle va s’appeler The Knockout. C’est une marque de vêtements de performance et de lifestyle, pour femmes, inspirées par la boxe et haut de gamme. Ça nous apporte un point de vue sur la mode, et surtout un état d'esprit de marque basé sur le dépassement de soi.

La marque est incubée à Station F et je suis mentorée par l’Institut Français de la Mode. Ça me permet de partager avec des gens qui sont dans la même vibe.

J’ai envie que ma marque soit aussi une ouverture sur des sujets qui me tiennent à cœur, comme les sujets de santé mentale. En Australie, la société est très ouverte et très attentive à ce problème. Il y a les “Are you ok” day, des journées pendant lesquelles on encourage à partager ses expériences personnelles pour aider des personnes en difficultés à s’en sortir. Parler de dépression et de santé mentale y est très facile.

En Angleterre, les médecins essaient de faire faire du sport aux personnes en dépression et la boxe est particulièrement recommandée car elle oblige à être dans le moment présent, sinon on se retrouve par terre.

La “Knockout girl”, celle qui va de l’avant, est souvent passée par des problèmes, des phases de down qu’elle a surmontées. Avec The Knockout, j’ai envie d’aller chercher ces filles qui ont osé même si elles n’ont pas toujours eu confiance en elles. Je trouve l’image du ring très parlante : on a tous un ring personnel.


Dirais-tu que tu connais bien ton corps?

Oui, j’ai toujours été plutôt à l’aise avec mon corps. Même si comme tout le monde, je me suis déjà trouvée grosse et moche.

J’ai toujours préféré voir le positif dans ma morphologie, et en grandissant tourner mes complexes en force. Je suis aussi aidée par mon caractère fort : je n’écoute pas les remarques.



Tu penses que cette confiance te vient d’où?

D’une part, parce que, je sais ce qui met mon corps en valeur. Et d’autre part, par la pratique du sport : le fait de sentir son corps et d’être mêlée à d’autres filles dont je voyais les corps m’a fait prendre conscience très jeune que chaque fille est différente. Ça m'a apporté de la distance.

 

Des pièces fétiches dans ta garde robe ?

Il y a beaucoup de sportswear, et je suis une fan de manteaux : très larges, très longs. J’en ai partout, beaucoup. Je trouve que c’est la pièce qui donne l’allure d’une silhouette.

 

3 mots pour décrire la collection de février?

Chic - subtile - stylée



Les collants, ça évoque quoi pour toi?

La féminité : j’ai toujours vu ma mère en porter. Ça fait partie de mon univers. Une façon de pouvoir se montrer en hiver, de révéler sa féminité.

J’aime beaucoup l’hiver, c’est une saison qui permet plus de choses en termes de style.


Qu’est-ce que tu aimes le plus dans ton quotidien?

Avoir du temps le matin, une routine au réveil. C’est ce qui conditionne ma journée. J’écoute toujours un podcast. J’ai besoin d’apprendre en permanence.

Et du fun aussi, rigoler.

 

Quelques podcasts à recommander?

Entreprendre dans la mode et Le Gratin. Your dream life de Kristina Karlsson (encore elle) et j’écoute aussi régulièrement, The Diary Of A CEO de Steven Bartlet‪t.

 

Le truc le plus fou que tu aies fait ou que tu aimerais faire?

J’avais participé à un séminaire d’Anthony Robbins, le gourou américain. Je ne le connaissais pas du tout mais j’ai été embarquée par des amis. À 1h du matin, à la fin d’une longue journée de séminaire, il a demandé aux participants de marcher sur 8m de braises à 300°C. L’expérience doit montrer que la douleur n’est que dans la tête et donc souligner la force du mental. C’est une expérience très connue pour les adaptes de développement personnel mais je n’en avais jamais entendu parler.

PS: j’ai également toujours en tête mon combat de boxe thaï :)

 

Ton dernier geste pour la planète?

C’est un vrai sujet pour moi dans la construction de ma marque. À titre personnel, mon dernier geste a été d’adopter la voiture électrique. Pourtant j’adore conduire, tous mes amis le savent, je ne me déplace qu’en voiture. J’appréhendais pas mal ce changement et maintenant que j’ai testé, je ne reviendrai plus jamais en arrière. Mon modèle est une smart électrique. C’est plus cher à l'achat mais il y a des aides de l'État et il n’y a pas de frais de carburant.

 

Un mot pour la communauté Ginger?

Osez, ayez confiance en vous, foncez!

 

Que peut-on te souhaiter pour l’avenir?

La réussite de ma marque.